La croissance du Royaume‑Uni reste anémique : le produit intérieur brut a augmenté de 0,1% en mai, effaçant la contraction de 0,1% d'avril mais confirmant une dynamique fragile, selon les derniers chiffres officiels rendus publics jeudi.
Où se situe la croissance ?
Le redressement mensuel est porté surtout par le secteur tertiaire : la production des services a progressé de 0,3% sur le mois. En revanche, deux piliers de l'économie montrent des signes de faiblesse : la production industrielle et la construction ont toutes deux reculé, respectivement de 0,5% et 0,8%.
| Période | Variation |
|---|---|
| Mai (mensuel) | +0,1% |
| Services (mensuel) | +0,3% |
| Industrie (mensuel) | -0,5% |
| Construction (mensuel) | -0,8% |
| Trois mois clos en mai (glissement) | +0,7% |
| Annuel (mai) | +1,3% |
Contexte et risques
Ces chiffres surviennent dans un contexte international tendu, marqué notamment par la guerre en Iran, et au moment d'un changement de tête au gouvernement britannique. L'OCDE, qui publie ses propres projections, anticipe une croissance modeste : 0,9% en 2026 et 1,1% en 2027. L'organisation appelle également le futur Premier ministre à conserver une discipline budgétaire et à s'attaquer aux dépenses liées aux retraites et à la montée des prix de l'énergie.
"L'OCDE a exhorté Andy Burnham ... à maintenir la discipline budgétaire du gouvernement, à s'attaquer aux dépenses élevées liées aux retraites et à faire face à la flambée des prix de l'énergie."
Conséquences pour les ménages et les entreprises
- Pour les ménages : une inflation encore soutenue par l'énergie peut maintenir la pression sur le pouvoir d'achat malgré un léger redressement de l'emploi dans les services.
- Pour les entreprises : la faiblesse de l'industrie et de la construction traduit des goulots d'activité qui peuvent freiner les investissements et la création d'emplois dans ces secteurs.
- Pour les décideurs : l'équilibre budgétaire et la maîtrise des dépenses sociales et énergétiques resteront au cœur des arbitrages politiques pour stimuler une croissance plus durable.
Sur trois mois, la croissance de 0,7% montre une amélioration relative, mais l'augmentation annuelle de 1,3% reste la plus forte depuis dix mois seulement, ce qui rappelle la fragilité du rebond. Le changement attendu à la tête du gouvernement, le septième en dix ans, ajoute une couche d'incertitude politique que les marchés et les entreprises surveilleront de près.
En pratique, si le nouveau cabinet maintient des orientations prudentes sur la dépense publique et prend des mesures pour contenir la facture énergétique, il pourrait renforcer la confiance. À l'inverse, toute incertitude budgétaire ou montée des coûts pourrait peser sur la croissance, en particulier dans l'industrie et la construction où la dynamique est déjà négative.