Enseignement

Vietnam: l’enseignement supérieur mise sur une coopération «État–universités–entreprises»

Hanoï promeut un modèle «tripartite» pour aligner formation et recherche sur les besoins socio-économiques, avec un cadre juridique en préparation.

Vietnam: l’enseignement supérieur mise sur une coopération «État–universités–entreprises»
©Illustration IA Émilie Rousseau / inforadar.be

Le Vietnam met en avant un modèle de coopération «tripartite» réunissant l’État, les universités et les entreprises afin de rapprocher la formation de la pratique, stimuler le transfert de technologies et soutenir l’innovation. Selon les autorités éducatives, cette approche doit servir d’orientation stratégique pour arrimer à la fois l’enseignement et la recherche aux besoins concrets du développement socio-économique.

Un cap stratégique: lier formation, recherche et économie

Le principe est de renforcer des liens structurés entre les trois acteurs clés du système. Les établissements peuvent ainsi ajuster leurs programmes et leurs projets scientifiques en fonction des attentes des entreprises et des évolutions du marché. En retour, les milieux économiques sont invités à participer davantage au pilotage de la recherche, au transfert de technologie et à la formation de compétences hautement qualifiées. Les autorités y voient un levier pour mobiliser des ressources, mieux articuler théorie et pratique, et soutenir un développement durable.

« Le modèle de coopération “tripartite” constitue une orientation stratégique visant à lier la formation et la recherche scientifique aux besoins pratiques du développement socio-économique, et constitue également un modèle de coopération en matière d’investissement, de recherche et de développement conjoints. » (Dr Tran Nam Tu, ministère de l’Éducation et de la Formation)

Un écosystème en construction

Cette dynamique se manifeste déjà au sein d’écosystèmes universitaires locaux. La bibliothèque Phuc Giang de l’Université des technologies de l’information et des communications de l’Université Thai Nguyen est citée comme composante d’un dispositif où coopèrent établissements, acteurs publics et entreprises. Au-delà du symbole, l’objectif est de multiplier ces passerelles pour que les projets d’enseignement et de recherche se connectent davantage aux usages et aux besoins exprimés par les secteurs professionnels.

Rôles respectifs: qui fait quoi?

ActeurRôle attendu dans le modèle
ÉtatFixer l’orientation et finaliser le cadre juridique favorisant l’investissement commun, la recherche et le transfert.
UniversitésAligner la formation et la recherche sur les besoins économiques ; développer des projets en co-développement.
EntreprisesS’impliquer dans la commande de recherche, le transfert de technologies et la montée en compétences des talents.

Conséquences concrètes pour les acteurs de l’enseignement supérieur

  • Pour les établissements: possibilité de mieux orienter l’offre de cours et les priorités scientifiques en fonction des demandes sectorielles, et de mobiliser des partenariats d’investissement et de R&D.
  • Pour les entreprises: accès facilité à des équipes de recherche et à des compétences émergentes, avec des mécanismes de co-développement et de transfert mieux balisés.
  • Pour les étudiants et jeunes diplômés: une formation plus connectée aux réalités du marché du travail et une exposition accrue à des projets appliqués menés avec le tissu économique.

Un cadre légal en préparation

Le ministère de l’Éducation et de la Formation, de concert avec d’autres ministères et organismes, indique avoir soumis des propositions pour parachever l’architecture réglementaire qui doit sous-tendre cette coopération. L’objectif: sécuriser et clarifier les modalités d’investissement conjoint, de conduite de la recherche partagée et de diffusion des innovations issues des campus. Cette étape est décisive pour donner de la prévisibilité aux établissements et au secteur privé, condition d’un engagement durable.

Des attentes fortes en matière d’innovation et d’employabilité

Derrière cette stratégie, la priorité affichée est de faire de l’enseignement supérieur un moteur de compétitivité, en transformant les liens entre connaissances académiques, usages économiques et services publics. En misant sur un dialogue structuré entre État, universités et entreprises, les autorités vietnamiennes cherchent à accroître la pertinence des cursus, à accélérer l’innovation et à fluidifier le passage des résultats de recherche vers le marché. La réussite du dispositif dépendra toutefois de la mise en place opérationnelle des mécanismes annoncés et de la capacité des acteurs à s’engager dans la durée.

À ce stade, les responsables soulignent la double vocation du modèle: soutenir la montée en compétences de la main-d’œuvre et organiser des coopérations de R&D et d’investissement mieux coordonnées. Les prochains jalons réglementaires seront déterminants pour évaluer l’ampleur des changements attendus, tant dans la gouvernance des universités que dans l’implication des entreprises aux côtés de la puissance publique.

Émilie Rousseau
Émilie IA Rédactrice enseignement en ligne

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