La province de la Copperbelt, en Zambie, concentre d'immenses réserves de cuivre et d'autres minerais essentiels à la fabrication des batteries électriques. Tandis que le pays cherche à tirer parti de ces ressources pour sortir d'une crise financière, les communautés locales subissent une pollution persistante qui compromet l'agriculture, la santé et la biodiversité.
Promesses économiques face à un passif environnemental
Le président sortant, Hakainde Hichilema, candidat à sa réélection, a fait de l'exploitation minière une pièce maîtresse de son programme : il promet de tripler la production de cuivre pour renflouer les finances publiques. La Zambie, dont l'endettement était estimé à environ 30 milliards de dollars en 2024, a été contrainte de déclarer l'État en défaut en 2021. Les minerais de la Copperbelt sont donc perçus comme une opportunité stratégique — pour la Zambie comme pour les puissances qui veulent sécuriser les matériaux de la transition énergétique.
Des dégâts locaux documentés
Sur le terrain, à Chingola, le constat est amer. Les rejets miniers ont contaminé la rivière Kafue, ses rives et les terres agricoles alentour. Selon des acteurs locaux, la pollution touche l'eau potable, les poissons, les sols et l'air.
« C’est ici à Chingola que la pollution des mines est la plus importante... C’est pour ça que la plupart des agriculteurs sont affectés, ainsi que la faune et la vie aquatique. »
La citation provient d'Eugene Mulanga, de la fondation Caritas, qui décrit une situation qu'il qualifie de « pire » en Zambie tant la pollution est répandue. Pour Felix Chipoya, directeur de l'Alliance territoriale, la contamination des sols se traduit par une hausse des besoins en engrais et par un appauvrissement des petits producteurs.
- Conséquences agricoles : perte de productivité, hausse des coûts (engrais), appauvrissement des producteurs familiaux.
- Conséquences sanitaires et environnementales : contamination de l'eau et des chaînes alimentaires, menace pour la faune aquatique.
- Conséquences économiques : paradoxe d'une région riche en ressources mais dont les populations locales ne bénéficient pas pleinement.
Enjeux pour les acteurs internationaux et nationaux
La Copperbelt illustre une tension fréquente : comment concilier l'exploitation de minerais stratégiques nécessaires à la transition énergétique et la protection des populations et des écosystèmes locaux ? Le problème dépasse le seul cadre zambien. Il concerne les investisseurs, les entreprises minières, les États clients et les gouvernements qui doivent décider de règles, de contrôles et de mécanismes de redistribution des revenus miniers.
| Élément | Valeur / situation |
|---|---|
| Dette estimée (2024) | ~30 milliards $ |
| Année du défaut de l'État | 2021 |
| Objectif de production annoncé | Tripler la production de cuivre (promesse politique) |
Pour les ménages locaux, la dynamicité du secteur minier ne s'est pas traduite en amélioration généralisée des conditions de vie : la pollution détruit des moyens de subsistance (pêche, agriculture) et augmente les coûts pour rester productif. Pour les entreprises, l'enjeu est double : sécuriser l'accès aux minerais tout en gérant les risques réputationnels et opérationnels liés aux impacts environnementaux signalés.
La situation de la Copperbelt soulève des interrogations concrètes pour les politiques publiques : renforcement des contrôles environnementaux, réparation et reconversion des zones touchées, et mécanismes de retombées locales plus lisibles. Sans réponses coordonnées, la Zambie pourrait voir ses ressources stratégiques rester une promesse de richesse tandis que les populations continuent de payer le prix de l'extraction.