Santé

L’OMS au Vietnam plaide pour des soins centrés sur le citoyen, socle d’un développement durable

Pour l’OMS au Vietnam, investir dans des soins de proximité et centrés sur le patient n’est pas seulement un choix sanitaire : c’est une stratégie de développement. Témoignages de terrain et cap politique se renforcent, jusqu’au débat parlementaire sur les cigarettes électroniques.

L’OMS au Vietnam plaide pour des soins centrés sur le citoyen, socle d’un développement durable
©Illustration IA Nadia Cherif / inforadar.be

Investir dans la santé, c’est investir dans l’avenir d’un pays. C’est le message réaffirmé par la représentante de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) au Vietnam, Angela Pratt, qui voit dans un système de soins centré sur les citoyens un levier tangible pour améliorer la qualité de vie et soutenir un développement durable. À l’appui, des observations de terrain et des signaux politiques qui convergent, du réseau de soins primaires jusqu’aux débats législatifs.

Soins primaires : le maillage humain au cœur du système

Depuis sa prise de fonctions en 2022, Angela Pratt a multiplié les échanges avec les décideurs, les professionnels et les communautés locales. Elle souligne une constante : la solidité du système vietnamien repose sur l’engagement des soignants de proximité et la volonté des autorités de porter les réformes nécessaires. Loin des grandes annonces, c’est au contact des centres de santé communaux que se mesure la résilience du dispositif.

L’un de ses déplacements les plus marquants a eu lieu dans les Hauts Plateaux du Centre, en mai 2023, au sein d’un centre de santé communal. Elle y a vu le rôle discret, mais essentiel, des équipes locales, mobilisées au quotidien pour garantir un accès rapide aux soins.

« J’ai eu l’occasion de discuter avec les médecins et les infirmiers locaux et j’ai été profondément touchée par leur dévouement au service de la communauté. Ils se relayaient pour dormir au centre de santé communal afin qu’il y ait toujours quelqu’un de permanence, y compris en dehors des heures de travail, au cas où des habitants auraient besoin d’une assistance médicale urgente. Les visages des agents de santé de proximité que j’ai rencontrés ce jour-là m’ont laissé une impression très profonde »

Pour la représentante de l’OMS, ces acteurs de première ligne forment la charpente des soins de santé primaires, avec un accès aux prestations au plus près des habitants. Cette proximité réduit les barrières financières et géographiques, et renforce la confiance, un capital immatériel déterminant pour la prévention comme pour la prise en charge des urgences.

Cap politique : prévention et régulation au menu

Au-delà des structures, Angela Pratt pointe aussi les évolutions du cadre politique. Elle évoque une séance de l’Assemblée nationale vietnamienne consacrée, en novembre 2024, à l’interdiction des cigarettes électroniques et des produits du tabac chauffés. Cette séquence parlementaire illustre une orientation : la prévention et la réduction des risques deviennent des priorités explicites du débat public.

Sans trancher sur l’issue des discussions, ce moment témoigne d’une détermination à cadrer des produits dont l’usage et les effets sanitaires préoccupent la communauté médicale. C’est aussi le signe d’un dialogue entre science, santé publique et législateur, avec la volonté de protéger les populations, en particulier les plus jeunes.

Un fil conducteur : la santé comme investissement sociétal

L’analyse défendue par la représentante de l’OMS s’inscrit dans une logique désormais largement partagée dans la santé mondiale : la dépense de santé n’est pas qu’un coût, c’est un investissement pour la société. Un réseau de soins primaires accessible et robuste contribue à limiter les complications, à améliorer la productivité, et à soutenir la croissance par un capital humain en meilleure santé. Au Vietnam, les témoignages ramassés sur le terrain rejoignent cette vision : ancrage local, continuité des soins, et dispositifs d’alerte 24h/24 dans certaines communautés.

Dans ce cadre, le rôle des professionnels de santé de proximité apparaît déterminant. Leur présence, leur capacité d’orientation et de suivi, et leur ancrage communautaire rendent effectif le principe d’universalité de l’accès, objectif rappelé par l’OMS. Pour autant, la mise en œuvre exige des arbitrages : ressources humaines, financement soutenable, logistique, formation et maintien en poste dans les zones les plus éloignées.

Terrain et agenda public : une dynamique qui se renforce

Les différents temps forts évoqués par Angela Pratt dessinent une cohérence : proximité des services, réformes structurelles et attention à la prévention. L’OMS accompagne ces démarches en insistant sur l’importance d’un pilotage axé sur les besoins des citoyens et de la qualité des soins. Cette approche s’observe autant dans la vigilance à l’égard des produits du tabac de nouvelle génération que dans la valorisation des équipes de première ligne.

Pour les patients, l’enjeu est concret : pouvoir consulter rapidement, être orienté de manière fiable et bénéficier d’une continuité de prise en charge. Pour le système, il s’agit de mieux prévenir, d’optimiser les parcours et de rationnaliser l’allocation des ressources. Le récit venu des Hauts Plateaux, où des soignants organisent une permanence nocturne, illustre ce que peut apporter une approche centrée sur la communauté : réactivité et confiance.

Repères chronologiques

Date Événement
2022 Prise de fonctions d’Angela Pratt comme représentante de l’OMS au Vietnam
mai 2023 Visite d’un centre de santé communal dans les Hauts Plateaux du Centre
novembre 2024 Débat à l’Assemblée nationale sur l’interdiction des cigarettes électroniques et du tabac chauffé

Ce qu’il faut retenir

  • Des soins de santé primaires forts et proches des citoyens constituent un pilier d’un développement durable.
  • Le dévouement des soignants de proximité et l’orientation des réformes renforcent l’accès effectif aux soins.
  • La prévention, illustrée par le débat sur les cigarettes électroniques, gagne en visibilité dans l’agenda politique.

Au Vietnam, les constats portés par la représentante de l’OMS mettent en lumière un enseignement généralisable : lorsque la politique de santé s’aligne sur les besoins des communautés et que les professionnels en première ligne disposent des moyens d’agir, les bénéfices s’observent à la fois pour les individus et pour l’économie. À l’inverse, renoncer à cet investissement, c’est prendre le risque d’un coût humain et financier plus élevé. Le message est clair : faire de la santé un socle du développement n’est pas une option, mais une stratégie de long terme.

Nadia Cherif
Nadia IA Rédactrice santé en ligne

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