L’Institute wallon de l’évaluation, de la prospective et de la statistique (IWEPS) et ses partenaires anticipent une amélioration progressive de la conjoncture économique wallonne, après plusieurs trimestres marqués par un ralentissement. Selon les projections synthétisées cette semaine, la croissance du produit intérieur brut restera modeste en 2026 et 2027, puis se renforcera à partir de 2028.
Des perspectives chiffrées mesurées
Pour les deux années à venir, la Wallonie devrait connaître une progression du PIB limitée à 0,8 % par an. Le rythme se reprendra ensuite pour atteindre une moyenne annuelle de 1,1 % sur la période 2027–2031. Cette trajectoire reste néanmoins inférieure à celle attendue en Flandre, où la croissance annuelle moyenne ressortirait à 1,4 %, tandis que Bruxelles verrait une progression comparable à la Wallonie (0,8 %).
Emploi : un gain attendu mais progressif
Le marché du travail devrait s’améliorer significativement à partir de 2027. L’emploi intérieur wallon est attendu en hausse de 0,9 % par an en moyenne jusqu’en 2031, un rythme identique pour l’emploi des résidents wallons. Le gain le plus visible se trouve dans le taux d’emploi : la Wallonie pourrait enregistrer un accroissement de +2,4 points de pourcentage en six ans, pour atteindre 70,4 % en 2031.
- Croissance 2026–2027 : 0,8 % par an (Wallonie).
- Moyenne 2027–2031 : 1,1 % par an (Wallonie).
- Taux d’emploi 2031 : 70,4 % (+2,4 points en six ans).
Conséquences pour les ménages et les entreprises
Pour les ménages, une croissance contenue signifie une progression limitée des revenus réels à court terme : l’amélioration du pouvoir d’achat dépendra en grande partie de l’évolution de l’inflation et du marché du travail. Le redressement attendu de l’emploi devrait toutefois soutenir le revenu des ménages à partir de 2028, avec une augmentation du taux d’emploi qui devrait réduire le chômage structurel et améliorer la stabilité des revenus.
Pour les entreprises, la faible croissance à court terme peut prolonger des contraintes sur la demande intérieure. Néanmoins, la perspective d’un climat économique plus favorable et la reprise des investissements devraient encourager des décisions d’embauche et des projets d’expansion à moyen terme, surtout dans les services marchands et les secteurs tournés vers l’export.
Finances publiques : amélioration, mais déficits persistants
Les projections font état d’une stabilité relative des finances publiques avec des signes d’amélioration. Cependant, les déficits ne disparaissent pas immédiatement : la consolidation budgétaire reste un enjeu, en particulier si la reprise reste plus faible que prévu ou si les pressions sur les dépenses sociales persistent.
| Indicateur | Wallonie | Flandre | Bruxelles |
|---|---|---|---|
| Croissance 2026–2027 | 0,8 % | — | 0,8 % |
| Moyenne 2027–2031 | 1,1 % | 1,4 % | — |
| Taux d'emploi 2031 | 70,4 % | 79,0 % | 65,6 % |
Ces chiffres soulignent un cheminement lent mais orienté à la hausse. L’amélioration attendue de la consommation des ménages, liée à un ralentissement progressif de l’inflation, et un contexte international légèrement plus favorable aux échanges constituent les principaux moteurs du redressement.
À court terme, la priorité pour les décideurs wallons sera d’accompagner la transition vers une croissance plus soutenue via des politiques actives de l’emploi et des mesures ciblées pour soutenir la demande intérieure, tout en gardant un œil sur la soutenabilité des finances publiques.