Les tiques ne transmettent pas seulement la maladie de Lyme : elles sont aussi impliquées dans la transmission de maladies parfois graves, dont l’anaplasmose, la babésiose, l’encéphalite de Powassan et la fièvre récurrente. Des auteurs affiliés à l’hôpital d’Ottawa ont publié un cas clinique et un état des lieux dans le Journal de l’Association médicale canadienne qui rappelle la diversité des risques liés aux morsures de tiques.
Une hausse constatée des cas d’anaplasmose
Les données présentées montrent qu’en zone québécoise, le nombre de personnes diagnostiquées avec une anaplasmose a nettement augmenté ces dernières années : depuis 2019, on est passé de quelques cas à environ 40 cas par an. Cette évolution illustre la diffusion croissante des tiques vectrices et la nécessité d’un suivi épidémiologique soutenu.
Un tableau clinique moins spécifique que Lyme
Contrairement à la maladie de Lyme, qui se manifeste le plus souvent par une éruption cutanée en « cible », l’anaplasmose présente un tableau clinique moins caractéristique. Les symptômes apparaissent généralement 1 à 2 semaines après la piqûre et comprennent :
- fièvre et frissons,
- céphalées et myalgies,
- symptômes gastro‑intestinaux non spécifiques.
Cette absence de signe cutané typique rend le diagnostic plus difficile et retarde parfois la prise en charge.
Cas rapporté : complications potentiellement graves
Dans l’article cité, les auteurs décrivent un patient de 79 ans admis pour grande fatigue, frissons et faiblesse entraînant une chute. Au cours de l’hospitalisation, des anomalies biologiques et cliniques sont apparues : diminution marquée des cellules sanguines et immunitaires, céphalées, hypoxie et une complication sévère — une myocardite aiguë qui a réduit la fonction cardiaque. Les investigations ont conclu à une anaplasmose; un traitement par doxycycline a été instauré et a permis la prise en charge de l’infection.
Que retenir pour la santé publique et les cliniciens ?
Les auteurs insistent sur la nécessité d’une attitude proactive devant une suspicion d’anaplasmose : l’antibiothérapie empirique par doxycycline peut être justifiée avant confirmation biologique, étant donné le risque de complications sévères (détresse respiratoire, insuffisance rénale, méningo‑encéphalite, myocardite).
| Élément | Information rapportée |
|---|---|
| Agent responsable | Anaplasma phagocytophilum |
| Vecteur | Ixodes scapularis (tique à pattes noires) |
| Évolution des cas (depuis 2019) | De quelques cas → ~40 cas/an |
| Traitement signalé | Doxycycline (antibiothérapie) |
Pour le grand public comme pour les professionnels de santé, ce rapport rappelle deux priorités : renforcer la surveillance des maladies vectorielles et maintenir une vigilance clinique élevée quand une infection transmise par les tiques est possible. Le tableau clinique peut être trompeur et l'absence d’éruption cutanée n’exclut pas une infection grave.