Une recherche menée en Nouvelle-Galles du Sud (Australie) met en relation les épisodes de forte chaleur et une augmentation des hospitalisations psychiatriques chez les personnes de moins de 25 ans, selon une synthèse relayée par Euronews. Les auteurs ont analysé les admissions entre 2011 et 2022 et constaté que les journées les plus chaudes coïncident avec une fréquence accrue d'entrées en service psychiatrique.
Des troubles variés affectés par la chaleur
Les travaux indiquent que plusieurs catégories de troubles se manifestent davantage durant les pics de température. Sont notamment mentionnés un surcroît d'affections liées à l'usage de substances, de symptômes dépressifs, d'anxiété, de troubles obsessionnels, ainsi que des perturbations du comportement et du contrôle des impulsions chez les plus jeunes. Les auteurs rapportent aussi des associations avec la schizophrénie, certains troubles alimentaires et des automutilations selon les saisons.
«Les changements
Quels mécanismes avancés par les chercheurs ?
Les hypothèses proposées reposent sur l'impact physiologique de la chaleur: la régulation thermique devient plus difficile quand la température extérieure grimpe, ce qui peut altérer la pression artérielle, l'oxygénation et le fonctionnement cellulaire, y compris dans le cerveau. Ces perturbations pourraient aggraver le sommeil, la gestion du stress et l'humeur, favorisant l'agressivité ou l'instabilité émotionnelle qui conduisent parfois à une hospitalisation.
Implications et contexte
Les auteurs soulignent que le réchauffement climatique, en augmentant la fréquence et l'intensité des vagues de chaleur, pourrait amplifier ce phénomène à l'avenir. L'Organisation mondiale de la santé est rappelée dans l'article comme estimant qu'1 jeune sur 7 dans le monde âgé de 10 à 19 ans souffre actuellement d'un trouble mental, ce qui rend d'autant plus préoccupante la sensibilité de cette population aux stress thermiques.
- Période étudiée : 2011–2022
- Zone géographique : Nouvelle-Galles du Sud, Australie
- Groupes concernés : enfants, adolescents (≤17 ans) et jeunes adultes (18–24 ans)
| Élément | Observation |
|---|---|
| Températures élevées | Augmentation des admissions psychiatriques |
| Types de troubles | Usage de substances, dépression, anxiété, TOC, troubles du comportement |
| Saisonnalité | Effet particulièrement net durant les périodes chaudes; certains troubles augmentent aussi en hiver |
Cette recherche ne démontre pas de lien de cause unique mais signale une association temporelle forte qui invite à la vigilance. Pour la Belgique, où les vagues de chaleur se multiplient, ces résultats constituent un signal à prendre en compte par les services de santé mentale, les écoles et les pouvoirs publics afin d'anticiper une possible hausse des besoins en soins psychiatriques chez les jeunes.
Il est important de noter que l'étude porte sur des données hospitalières d'une région australienne et que des facteurs locaux (infrastructures, habitudes de vie, accès aux soins) peuvent moduler l'ampleur des effets observés ailleurs. Des enquêtes similaires, conduites dans des contextes européens, seront utiles pour préciser l'ampleur du risque à l'échelle belge et adapter les réponses de santé publique.
Dans l'intervalle, la recherche alerte sur un aspect souvent négligé du changement climatique: au-delà des impacts physiques immédiats, la chaleur extrême peut peser sur la santé mentale des plus jeunes et demander une adaptation des services et des politiques de prévention.