Le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a tiré la sonnette d’alarme : l’épidémie d’Ebola qui sévit en République démocratique du Congo (RDC) depuis environ deux mois se répand «plus rapidement» que les précédentes et constitue désormais «la troisième plus importante épidémie d’Ebola jamais enregistrée».
Des chiffres qui interpellent
Au moment du point presse à Genève, l’OMS a indiqué que 2 003 cas avaient été signalés, dont 796 décès. Comparativement, la flambée de 2018 avait mis plus de dix mois pour atteindre un seuil comparable de 2 000 cas confirmés. Ces éléments soulignent la rapide accélération de la transmission dans la situation actuelle.
«Il s’agit désormais de la troisième plus importante épidémie d’Ebola jamais enregistrée: au cours des derniers mois, elle s’est propagée plus rapidement que toutes les épidémies précédentes».
Focus géographique et difficultés de surveillance
L’OMS met en avant une préoccupation particulière pour la province de l’Ituri, dans le nord‑est de la RDC, identifiée comme foyer principal de cette 17e épidémie. Selon l’organisation, plus de 80 % des nouveaux cas y sont détectés en dehors des listes de contacts connus, ce qui signifie que «des chaînes de transmission continuent d’échapper à la surveillance».
Autre point d’inquiétude : environ deux tiers des décès surviennent au sein des communautés, chez des personnes qui n’ont pas été prises en charge dans un établissement de santé — signe d’un retentissement sur l’accès aux soins et sur la détection précoce des cas.
Capacités de réponse et pistes thérapeutiques
L’OMS note néanmoins des progrès opérationnels : la capacité d’accueil des patients a été étendue au-delà de 800 lits, le dépistage a été renforcé avec la mise en place de 60 laboratoires et le suivi des contacts a progressé pour atteindre près de 80 %. Parallèlement, l’organisation a lancé des essais cliniques début juillet portant sur deux traitements : l’anticorps monoclonal MBP134 et l’antiviral remdesivir, testés seuls ou en combinaison, pour évaluer leur efficacité contre le variant Bundibugyo responsable de l’épidémie actuelle.
| Indicateur | Valeur rapportée |
|---|---|
| Cas signalés | 2 003 |
| Décès | 796 |
| Capacité de lits | > 800 |
| Laboratoires | 60 |
| Suivi des contacts | ≈ 80 % |
Conséquences et enjeux
La vitesse de propagation et la part élevée de cas non repérés par les listes de contacts compliquent la maîtrise de l’épidémie. Les conséquences pratiques incluent une difficulté accrue à interrompre les chaînes de transmission, un risque élevé de décès en dehors du système de soins et la nécessité d’adapter les stratégies de recherche active de cas et de communication communautaire.
- Renforcer la surveillance et le traçage des contacts dans les zones affectées, en particulier en Ituri.
- Accroître l’accès aux soins pour réduire la mortalité communautaire.
- Poursuivre les essais thérapeutiques pour évaluer des options de traitement contre le variant Bundibugyo.
Pour les lecteurs : cette dépêche rend compte des éléments diffusés par l’OMS lors de son point presse. Elle n’a pas pour objet de fournir des conseils médicaux personnalisés. Les autorités sanitaires et humanitaires poursuivent leurs efforts pour contenir l’épidémie et évaluer l’efficacité des traitements testés.