Une recrudescence des infections liées au méningocoque B touche l’Europe. En Angleterre, la région de Canterbury a connu ces derniers mois une flambée frappant des étudiants. En France, le nombre de cas notifiés en 2024 a atteint son plus haut niveau depuis 2010. Dans ce contexte, la question de la vaccination chez les adolescents et jeunes adultes revient au premier plan.
Une vague « sans précédent » a touché la région de Canterbury, en Angleterre, chez des étudiants.
De quoi parle-t-on exactement?
Le méningocoque (Neisseria meningitidis) peut provoquer des infections invasives à méningocoques (IIM), qui regroupent notamment les méningites et les septicémies. Plusieurs sérogroupes circulent, identifiés par des lettres: A, B, C, W et Y. En Europe, le type B reste historiquement le plus fréquent, tandis que les sérogroupes W et Y sont en progression depuis 2022 et associés à des formes souvent plus graves.
Transmission et portage: ce que l’on sait
La bactérie se transmet lors de contacts rapprochés et prolongés (toux, éternuements, baisers). Elle ne survit pas dans l’environnement extérieur. Une partie de la population peut la porter dans le rhinopharynx sans présenter de symptômes. Ce portage asymptomatique contribue à la circulation silencieuse du germe.
Des chiffres à surveiller
Les données françaises illustrent la tension récente sur la surveillance:
| Pays / Indicateur | Valeur | Période / précision |
|---|---|---|
| France – cas d’IIM déclarés | 615 | Année 2024 (plus haut niveau depuis 2010) |
| France – létalité IIM | 10–12% | Estimation globale |
| Royaume-Uni – situation régionale | Flambée chez les étudiants | Région de Canterbury |
Pourquoi les 15–24 ans sont particulièrement exposés
Deux pics d’incidence sont classiquement décrits: les premières années de vie, puis l’adolescence et le jeune âge adulte. Les comportements sociaux de cette tranche d’âge (vie en collectivité, soirées, contacts rapprochés) favorisent des expositions répétées. Les 15–24 ans figurent ainsi parmi les groupes d’âge les plus concernés en France.
Vaccination: où en est-on, et pour qui?
En France, la vaccination contre le méningocoque B est obligatoire pour les nourrissons nés depuis le 1er janvier 2025. Pour les adolescents et les jeunes adultes, la question se pose au cas par cas selon les recommandations applicables et le contexte épidémiologique. À l’échelle européenne, le débat sur l’extension de la protection aux tranches d’âge plus âgées est relancé par la hausse des cas et par les épisodes en milieu étudiant.
- Les sérogroupes B, W et Y circulent le plus en Europe, avec une progression de W et Y depuis 2022.
- La transmission survient lors de contacts étroits et prolongés; la bactérie ne persiste pas dans l’environnement.
- La létalité des infections invasives reste élevée, autour de 10–12%.
Un enjeu de santé publique durable
La hausse observée en France (615 cas d’IIM en 2024) et la flambée survenue en Angleterre rappellent l’importance de la vigilance dans les milieux à forte promiscuité, notamment universitaires. La prévention repose sur l’information, la surveillance épidémiologique et, lorsque recommandé, la vaccination. Les autorités sanitaires mettent régulièrement à jour leurs avis en fonction des données disponibles. Les familles et les jeunes adultes sont invités à s’informer auprès de sources officielles et de professionnels de santé qualifiés pour connaître les schémas vaccinaux en vigueur et les modalités d’accès à la vaccination.