Violences, arrêts de travail et repli des équipes compliquent la réponse
Les autorités congolaises ont fait état d'au moins une dizaine d’attaques visant des établissements et des professionnels de santé depuis le début de l’épidémie d’Ebola en province de l’Ituri, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Ces incidents, associés à des grèves de nombreux intervenants de première ligne non rémunérés, entravent les opérations dans l’épicentre de l’épidémie, ont-elles indiqué samedi.
Selon les informations communiquées lors d’une conférence de presse à Bunia, la capitale provinciale, des équipes d’intervention et des soignants ont été la cible de foules en colère prenant d’assaut des centres de traitement ou s’en prenant aux unités mobiles sur le terrain. Une dernière attaque a été rapportée mercredi à la suite de protestations liées au décès d’une femme dans un hôpital proche de la ville de Nyakunde.
Une dynamique épidémique qualifiée de « plus rapide »
La situation est d’autant plus préoccupante que l’épidémie a été décrite par les autorités comme la plus rapide jamais enregistrée en termes de croissance du nombre de cas. À ce jour, 2.181 cas ont été recensés, dont 864 décès, la province de l’Ituri concentrant environ 90% de l’ensemble des infections signalées. Face à la dégradation sécuritaire, des professionnels de santé et des travailleurs humanitaires ont été observés quittant des communautés isolées identifiées comme foyers de contamination pour rejoindre Bunia, selon des témoignages cités par l’Associated Press.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Cas totaux | 2.181 |
| Décès | 864 |
| Part des cas en Ituri | ~90% |
| Incidents sécuritaires signalés | ≥ 10 |
Conséquences immédiates sur la riposte
Les attaques et les mouvements de retrait des équipes perturbent des opérations essentielles sur le terrain: accès aux patients, continuité des soins, acheminement du matériel, accueil sécurisé dans les structures, et coordination entre acteurs. Les grèves de personnels non rémunérés affaiblissent encore la capacité de suivi, de prise en charge et d’alerte communautaire. Ces facteurs combinés accentuent le risque de propagation au sein des zones touchées et compliquent toute stabilisation sanitaire.
Pression sur les structures de santé locales
En Ituri, des centres de traitement et des hôpitaux locaux se trouvent en première ligne. Leur vulnérabilité aux intrusions et actes hostiles, ainsi que la défiance d’une partie de la population, ajoutent une contrainte majeure aux protocoles de prévention et de contrôle des infections. Le repli d’équipes depuis des communautés isolées vers des pôles urbains comme Bunia limite l’accès aux soins pour des patients vivant loin des infrastructures de référence.
Climat de défiance et risques pour les intervenants
Les autorités ont signalé que plusieurs attaques ont été menées par des groupes d’habitants exprimant leur colère. Dans ce contexte, la sécurité des soignants et des humanitaires devient un enjeu immédiat, avec un impact direct sur la rapidité d’intervention et la couverture des services essentiels. Un incident récent, lié à la contestation du décès d’une patiente près de Nyakunde, illustre la fragilité du lien entre certaines communautés et les institutions de santé engagées dans la riposte.
Ce que l’on sait à ce stade
- Localisation: la province de l’Ituri demeure l’épicentre, avec ~90% des cas.
- Impact sécuritaire: au moins dix attaques contre structures et personnels compliquent les opérations.
- Capacité opérationnelle: des grèves et des replis vers Bunia réduisent la présence dans des zones isolées.
Les autorités, à travers des points presse tenus à Bunia, appellent à stabiliser la situation sécuritaire pour maintenir les interventions sur le terrain. Toute intensification des violences pourrait retarder davantage l’identification des cas et l’accès aux soins, deux leviers déterminants pour freiner une épidémie qualifiée de particulièrement rapide dans sa progression.