Les substances per- et polyfluoroalkylées (PFAS), employées depuis des décennies pour améliorer l'efficacité des agents extincteurs et la résistance des tenues de protection, soulèvent aujourd'hui une double inquiétude : elles protègent contre le feu mais présentent des effets durables et nocifs sur la santé humaine et les écosystèmes.
Des usages historiques, des conséquences contemporaines
Découverts au XXe siècle, ces composés ont été plébiscités pour leurs qualités techniques : stabilité thermique, résistance chimique et capacité à réduire la tension de surface des liquides. C’est précisément cette dernière propriété qui a permis aux mousses anti-incendie contenant des PFAS d’être particulièrement efficaces pour étouffer les feux de liquides inflammables.
Exposition et persistance : des « polluants éternels »
Les PFAS sont caractérisés par une très forte persistance dans l'environnement et une tendance à s'accumuler dans les chaînes alimentaires. Ces propriétés expliquent pourquoi ils sont parfois qualifiés de « polluants éternels ». Leur présence a été détectée dans des prélèvements d'eau contaminée par des mousses anti-incendie et sur des vêtements de sapeurs‑pompiers lors d'interventions, pointant une exposition professionnelle réelle.
Quels secteurs sont concernés ?
- Mousses extinctrices : efficacité pour les feux de liquides hydrocarburés.
- Équipements de protection : tenues, gants, bottes traités pour résister à la chaleur et aux liquides.
- Produits de consommation et industriels : revêtements antiadhésifs, textiles imperméables, entre autres usages.
| Usage | Rôle des PFAS |
|---|---|
| Mousses anti‑incendie | Formation d'un film aqueux isolant le combustible |
| Tenues de pompiers | Amélioration de la résistance thermique et des propriétés déperlantes |
Conséquences et défis
L'enjeu est multiple : protéger les populations et les biens face aux incendies tout en limitant les dommages sanitaires et environnementaux engendrés par les produits mêmes utilisés pour lutter contre le feu. La contamination de l'eau et des sols autour de sites d'utilisation de mousses, la bioaccumulation et l'exposition professionnelle des sapeurs‑pompiers posent des questions sur la gestion des risques, le suivi sanitaire et la recherche d'alternatives moins persistantes.
À court et moyen terme, les autorités, les services d'incendie et l'industrie devront concilier efficacité opérationnelle et réduction des impacts à long terme. Cela implique un suivi des sites potentiellement contaminés, une surveillance de l'exposition des personnels, et l'évaluation rigoureuse des substituts possibles aux PFAS.
Rédaction santé — InfoRadar : un sujet où science, sécurité et politique environnementale se rencontrent, nécessitant vigilance et décisions fondées sur des données.